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Politique

Absence de dispositifs pour accueillir les éventuels rapatriés

Il n’existe pas d’infrastructures appropriées pour recevoir les migrants haïtiens qui seront rapatriés de la République Dominicaine, dénoncent plusieurs organisations haïtiennes, lors d’une conférence de presse donnée ce mercredi 17 juin 2015.

Le gouvernement haïtien n’a aucun contrôle sur la façon dont seront effectués les rapatriements des Haïtiens et des Dominicains d’origine haïtienne, fustige le président du Conseil d’Administration du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), Philippe Jean Thomas.

Les personnes qui ne sont pas inscrites au Plan national de régularisation des étrangers (Pnre) seront rapatriées à n’importe quel moment parce qu’il n’y aura pas de prolongation du processus qui prend fin à partir ce 17 juin, avertit-il, faisant allusion au moratoire de 45 jours, officiellement annoncé par les autorités dominicaines.

Le mardi 16 juin 2015, les autorités haïtiennes ont appelé à la solidarité nationale pour accueillir les migrantes et migrants qui seront rapatriés de la République Dominicaine.

Philippe Jean Thomas reste sceptique quant à l’application par les autorités dominicaines du protocole d’accord signé avec l’Etat haïtien, selon lequel il ne doit pas y avoir de rapatriements dans la nuit et de séparation de familles lors de ces opérations.

Ce protocole n’a jamais été respecté jusqu’à aujourd’hui, condamne-t-il.

Garr regrette que le gouvernement haïtien n’ait pas dépêché des économistes pour évaluer les avoirs des éventuels rapatriés haïtiens en vue de les aider à conserver leurs biens lors de ces expulsions.

En outre, le Groupe appelle à la vigilance face à l’éventuelle déportation de criminels dominicains vers Haïti.

« L’attitude de nos dirigeants laisse à désirer » dans ce dossier de rapatriements, critique le coordonnateur général du Collectif du 4 décembre, Jean-Robert Argant, appelant, toutefois, à accueillir « fièrement et avec dignité » les rapatriés.

La réponse à une correspondance adressée en mai dernier à des officiels du gouvernement a été attendue en vain en ce qui concerne les dispositions qui seront mises en place par le pouvoir.

Dans cette correspondance, des explications ont été demandées au gouvernement sur les dispositions administratives envisagées pour recenser les personnes refoulées et leur intégration.

 

Le protocole sanitaire mis en place pour accueillir les familles rapatriées, les modalités pour les nourrir à court, moyen et long terme et les doter de toutes les pièces d’identité qui leur ont fait défaut en République Dominicaine y figuraient également.

Le Collectif du 4 décembre appelle le gouvernement haïtien à redresser la barque en faisant respecter les droits de ces personnes qui seront rapatriées.

« Non à l’abject, halte au racisme et à la xénophobie », martèle Argant.

Il présume que « la lutte pourra être longue mais, la victoire est certaine pourvu qu’on soit prêt à faire les sacrifices » qui s’imposent.

« C’est une honte pour l’Etat dominicain qui ne respecte pas la dignité humaine (…) La République dominicaine se comporte comme un Etat voyou, un bourreau », fustige le directeur exécutif du Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh), Gédéon Jean.

Il appelle, encore une fois, les pays dits amis d’Haïti à se prononcer sur la question, en forçant l’Etat dominicain à appliquer les conventions internationales relatives aux droits humains pour ne pas se faire implicitement complices de la République Dominicaine.

Les rapatriements des Haïtiens et des Dominicains d’origine haïtienne par les autorités dominicaines constituerait un banditisme d’Etat, dénonce, pour sa part, Ginette Chérubin, membre du Comité d’union et de support aux municipalités (Cusm).

Face à cette éventualité, l’inquiétude et la peur continuent de grandir chez les migrants haïtiens vivant dans les régions frontalières dominicaines.

Des dizaines de milliers de migrants haïtiens et des dominicains d’origine haïtienne qui n’ont pas pu jusqu’à aujourd’hui s’inscrire au Pnre sont concernés par ces rapatriements massifs.

Pris le 23 septembre 2013, un arrêt 168-13 du Tribunal constitutionnel dominicain, qui a enlevé la nationalité dominicaine de plusieurs centaines de milliers de Dominicaines et Dominicains, d’origine haïtienne pour la plupart, est à la base de ces rapatriements.

alter Presse

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