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Environnement

Haïti-ouragan Irma : Manque de moyens pour protéger la population

Irma

Alors que le cyclone s’apprête à frapper l’île avec des vents de plus de 300 km/h, l’information et les moyens de protection mis à la disposition des habitants sont dérisoires.

Alors que l’ouragan Irma a frappé l’île de Barbuda mercredi 6 septembre avec des vents de près de 300 km/h, impossible encore de prévoir avec certitude la trajectoire du cyclone, annoncé comme le plus puissant jamais enregistré dans les Caraïbes. Irma devrait atteindre mercredi après-midi Porto Rico pour se diriger ensuite vers la Floride, placée en état d’urgence, en passant par Haïti et Cuba.

Sur l’île d’Haïti, quelques heures avant le passage d’Irma, l’impréparation des autorités est criante. Les campagnes de sensibilisation des habitants n’ont pas encore été lancées car les équipes de la protection civile sont encore occupées à recenser les équipements et personnels disponibles. Le mandat de la mission onusienne prenant fin mi-octobre, les casques bleus ont mis un terme à leurs opérations, quittant le pays de la Caraïbe en emportant les équipements lourds qui ont, à maintes reprises, servi lors des inondations saisonnières dans la région du Cap-Haïtien.

« Nous n’avons plus le support de la Minustah [mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti] et aussi, il n’y a pas beaucoup d’ONG qui interviennent dans le cadre de la gestion des risques, ça rend la situation difficile », reconnaît Jean-Henri Petit, le coordonnateur technique de la protection civile.

Cruel manque de matériel

Dans la région de Cap-Haïtien, seconde ville du pays, les moyens sont dérisoires. Trois ambulances seulement pour couvrir la zone, qui compte plus d’un million d’habitants, à peine plus de camions pour tenter de nettoyer ravines et canaux d’évacuation des eaux, perpétuellement remplis d’ordures faute d’un système de ramassage : au centre d’opérations d’urgence, on ne peut que constater le cruel manque de matériel. Le malaise s’amplifie davantage lorsque est abordée la question des abris provisoires : 90 % sont des bâtiments coiffés de toits en tôles, incapables de résister à des rafales de vents violents.

« Nous avons tiré les leçons de Matthew [l’ouragan de catégorie 4 qui a ravagé le sud d’Haïti en octobre 2016] et nous allons donc orienter les gens vers des vrais abris qui pourront les protéger », assure pourtant Jean-Henri Petit, de la protection civile. Sans une capacité d’accueil suffisante dans les abris provisoires, les autorités vont appeler ceux n’ayant qu’un toit de tôle au-dessus d’eux, ainsi que les habitants des zones inondables, à se réfugier chez un proche ou un ami ayant une maison en béton.

Mais parmi les habitants de Cap-Haïtien, beaucoup ignorent l’arrivée d’Irma et disent se sentir complètement abandonnés par les autorités. Une femme est terrifiée par l’évocation du passage de l’ouragan de catégorie 5. « J’ai peur, mais pas seulement pour ma vie et celle de mes enfants, mais pour tout le monde, on est tous Haïtiens, on est comme une famille », confie-t-elle, tout en serrant fort contre elle sa fille de 3 ans.

Un autre habitant témoigne : « Maintenant que je sais qu’un cyclone approche, je vais rassembler mes papiers importants dans un sac plastique et les attacher en hauteur sur la charpente car je n’ai que cette maison et nulle part où aller », raconte l’un d’entre eux, en montrant du doigt une maigre poutre qui soutient la pièce unique faite de tôles et de bois où il vit avec sa femme et ses deux enfants. « Si vous dites qu’un gros cyclone va nous arriver ici, alors c’est la fin du monde pour nous », se désole l’homme, le regard soudain perdu au sol.

Le Monde

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