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Société

Le citoyen taxe souvent l’Etat de démagogie

Imaginer qu’un juge de paix, accompagné d’un policier et d’un agent de l’Electricité d’Etat d’Haïti, frappe à la porte d’une famille ou débarque dans une entreprise et procède à l’arrestation du responsable. Conduit au commissariat, cette personne va être par la suite mise en liberté contre rançon, non pardon, contre une amende pour vol de courant électrique. Entretemps, l’opération se poursuit dans les quartiers et le même sort est réservé à tous les utilisateurs de l’énergie de l’ED’H qui ne paient pas leur bordereau chaque mois.

 

A un certain moment, la police procédait à l’interpellation de tous ceux qui, lors d’une opération quelconque, ne sont pas porteurs d’une pièce d’identité. Plus de peur que de mal. L’interpellé va être seulement blâmé s’il n’avait pas résisté aux injonctions du policier ou s’il n’était pas activement recherché.

Dans les deux cas, c’est une perte de temps. Les actes posés risquent d’être sans conséquence, car il est fort probable que la prise reste illégale et que le citoyen continue de circuler sans une pièce d’identité. Jean a été arrêté pour prise illégale. De retour chez-lui, il reconnait avoir volé, mais il estime qu’il n’avait pas d’autre choix. Depuis plus de deux ans, il détient un papier prouvant qu’il a rempli les formalités pour obtenir un compteur. Il arrive que l’instance accusatrice, l’ED’H, n’a pas fait le suivi. Même cas de figure pour les demandeurs de carte d’identification nationale. Certains sont fatigués de réclamer en vain cette pièce à l’ONI.

Pour que les actions de l’ED’H soient réussies, le prévenu devrait pouvoir rentrer chez lui en compagnie de techniciens en vue de l’installation du fameux « compteur » de courant. Il n’est pas toujours vrai que le voleur de courant n’a pas les moyens de se payer l’embranchement. Dans la majorité des cas, il en brûle autant, voire beaucoup plus. Il recourt à la prise illégale seulement parce que l’instance légale ne donne pas le service convenablement.

Nous avons demandé à un policier, au cours d’une opération, où est ce qu’on donne la carte ? Il nous a répondu en hésitant : « à la DGI », or la DGI ne s’en occupe plus. Donc, même l’agent de l’ordre n’est pas en mesure de justifier ses actions. On se demande combien sont-ils ceux qui détiennent leur carte d’identification nationale.

Plus d’un pense que le citoyen interpellé n’aurait pas dû rentrer sans sa carte. Le commissariat aurait dû se charger de l’emmener là où il faut pour en faire la demande. L’autre possibilité est que l’Office National d’Identification ouvre un bureau dans tous les commissariats. Il devrait également mener une campagne d’incitation en faveur de la carte électorale. Ainsi, les actions contre ceux qui n’en ont pas auraient un sens et l’Haïtien cesserait d’avoir la sensation de faire partie d’un Etat démagogue.

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