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Point d’interrogation

Point d’interrogation sur la survie des studios photographiques

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Les studios photographiques survivront-ils face à l’arrivée soudaine et en grand nombre des caméras numériques en Haïti ? Aujourd’hui, toutes ces entreprises, indépendamment de leur taille, de leurs moyens et de leur réputation, commencent  à s’interroger sur leur avenir. Paul Marc, un photographe qui a capitalisé 25 ans d’expérience dans le métier, voit son studio agoniser sur la route de Nazon. «Ce flot de caméras numériques affecte considérablement les activités des studios photographiques. Actuellement, les gens utilisent même leurs téléphones portables pour se prendre en photo. Conséquemment, le chiffre d’affaires diminue», déclare Paul Marc.

 

Pour le PDG du prestigieux studio « Monsieur Henry Photo », c’est normal. Dans le domaine de la science, un clou peut chasser l’autre, laisse-t-il entendre. Henri Cayard, cherchant à comprendre le phénomène de dépérissement des studios de photographie, a indiqué qu’avec l’évolution de la technologie, un tas de choses tendent à disparaitre. « En parlant de la photographie, on doit s’attendre à une diminution de la clientèle jusqu’à ce que cela soit réduit comme une peau de chagrin. »

Ce n’est ni une prévision, ni une prophétie. Les activités de ce secteur sont en baisse. Quiconque dispose d’une caméra numérique s’improvise photographe pour lui et ses proches en boudant le travail des professionnels. « On commence déjà à encaisser les coups portés par la technologie», confie Henri Cayard. Et Paul Marc d’enchainer : « Jadis, on pouvait gagner entre 2500 et 3000  gourdes, le dimanche. Aujourd’hui, on gagne approximativement 1000 gourdes ».

Emmanuel Naar, un photographe travaillant dans un studio à Pétion-Ville : « Photo Pro Studio »,  n’y voit pas d’inconvénient. Pour lui, l’habit ne fait pas le moine. En d’autres termes, n’est pas photographe quiconque tient une caméra numérique en main. Cependant, M. Naar croit qu’il revient aux photographes de faire preuve de créativité pour revitaliser les studios en proposant d’autres services en vue de satisfaire la clientèle et la maintenir.

Aujourd’hui, les gens ne se rendent dans les studios photographiques que pour avoir des photos d’identité, nous dit Paul Marc.

Là encore, rien n’est à craindre, nous dit Emmanuel Naar d’autant plus que sa clientèle n’est pas seulement constituée d’haïtiens. Pour sa part, Paul Marc déclare que son studio ne survivra pas en s’occupant uniquement des photos d’identité.

L’afflux des caméras numériques n’est pas une menace, poursuit M. Naar. Cependant, elles sont gênantes. Ces photographes amateurs sont encombrants, déclare-t-il. « Parfois, ça gêne. Dans une cérémonie nuptiale, par exemple, le photographe peut avoir toute une arrière-scène polluée par des invités qui prennent des photos via leur téléphone mobile ou des appareils photo numériques.»

Le PDG de Monsieur Henry Photo se sent très concerné. Il cherche à s’adapter, dit-il, mais la photographie est à l’article de la mort, reconnait-il. « On se prépare et on se résigne. Peut-être qu’on va créer une diversité .Mais le métier ne survivra pas, du moins le métier de photographier les gens dans un studio. A remarquer aussi que la photographie sera bientôt remplacée presqu’entièrement par la vidéo parce que l’image figée est passée de mode…»

Cette liberté de photographier plus facilement et n’importe comment tue le charme du métier, indique M. Cayard qui se souvient de ce qu’un photographe vivait dans un studio. Un temps qui ne reviendra plus… « La photographie était comme une sorte de magie. Un photographe, c’était presqu’un magicien : la chambre noire avec tout ce qu’il y avait d’étrange : les produits chimiques entre autres. On était dans le noir. Maintenant, tout se fait ouvertement».

Beaucoup d’avancées technologiques. La science progresse. Mais, que devient l’homme ? Selon Henri Cayard, la technologie nous accorde certains avantages, mais elle déshumanise l’être humain. « Aujourd’hui, nos enfants ne jouent plus à cache-cache. Ils sont figés. Ils restent fixés devant un poste de télé, ou dans leur BBM. Ils n’ont même pas le temps de courir dans la cour, de respirer pour leur propre santé, conclut-il.

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