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Billet de la Rédaction

Vivre ! Le reste importe peu

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Vivre ! Le reste importe peu

Une petite végétation entoure chaque maison ou presque, constituée d’arbres fruitiers, de bananiers, et de mange-tout. Appelé « jaden Lakou », il permet aux familles de se nourrir. Mais pour assurer l’éducation des enfants et répondre aux autres besoins, elles se rabattent sur les arbres. Les mornes ainsi déboisés, les écosystèmes se détériorent entrainant la perte progressive de la biodiversité. Peu importe les conséquences qui en découlent…

 

A Port-salut, 8 heures du matin, de la fumée grise sort des entrailles de la terre où sont enfouis des arbres mutilés. Le charbon de bois en préparation doit être acheminé aux marchés les plus proches. Mais la plupart des sacs collectés en différents points sont transportés vers les grandes villes du pays dont Port-au-Prince. Cette commune de la côte sud réputée pour ces plages paradisiaques est aujourd’hui menacée par une grave crise environnementale dans la mesure où la survie des paysans repose, en partie, sur la coupe des arbres.

« Des réserves forestières sont massacrées rien que pour fabriquer des balais, or, des tuyaux en plastique (PVC) peuvent remplacer les tiges en bois », déplore Michel Monin, responsable de la FONDAM.    

Eduquer pour changer

La Fondation Monin préoccupée par cette menace réelle, a décidé d’investir dans l’éducation civique. Depuis tantôt cinq ans elle travaille avec environ 900 enfants et jeunes scolarisés dans le cadre d’un programme de sensibilisation sur l’importance des arbres. Ces mineurs apprennent à faire des pépinières et à prendre soin des plantules mises en terre. Les formateurs de ladite fondation tentent d’extirper de leur mentalité les proverbes négatifs, tels « si bondye vle », « pitom led mwen la », «la vi se yon boul kap woule kite l woule».

« C’est très difficile de déraciner les mauvaises habitudes », affirme Michel Monin, expliquant que, malgré, les efforts déployés, on continue de pratiquer l’élevage libre. En raison de cette vielle pratique, le taux de survie des plantules est estimé à moins de 30%. En clair, plus de 70% des plantules sont consommées par des cabris et des bœufs.

Le code à appliquer

Les solutions aux problèmes environnementaux par rapport à l’agriculture et à l’exploitation des ressources naturelles sont proposées dans le code rural haïtien de 1964. Elaboré sous le régime de François Duvalier, il n’a jamais été appliqué à nos jours, fait remarquer Michel Monin qui milite dans l’environnement à Port-salut depuis plus de trois décennies. Vu l’importance de ce code, le Venezuela l’a adopté, ce qui lui a permis de relever un certain nombre de défis, révèle l’écologiste.

A un certain niveau, le gouvernement Martelly/Lamothe se montre préoccupé par le déboisement accéléré des montagnes. 2013 a été décrétée « année de l’environnement » et on devrait assister à des mesures concrètes allant de la réhabilitation à la protection des réserves forestières, entre autres, la Foret des Pins, les parcs nationaux La Visite et Macaya. Pour l’instant, on se contente de sensibiliser les gens autour du slogan « yon moun, yon pye bwa ».

Responsabiliser les jeunes

La sensibilisation doit toucher en particulier les dirigeants, plaident des environnementalistes haïtiens. En raison de l’irresponsabilité des gouvernements qui se sont succédé ces trente dernières années, la couverture forestière du pays est réduite à moins de 2%.

Puisque, selon plus d’un, les ainés ont pratiquement échoué, il revient donc aux adultes de demain de relever les défis qui s’accumuleront. A plus forte raison, la FONDAM croit nécessaire d’inculquer des notions de civisme aux enfants et aux jeunes haïtiens pour qu’ils puissent prendre en main le destin d’Haiti, un pays qui se meurt à petits feux.                  

CR//

Photo: Wildor Saintus

Source: Panos

 

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